Guides · Mis à jour le 26 octobre 2026

Frais de notaire d’un terrain à bâtir : calcul 2026 et étapes de la vente

En bref

Pour un terrain acheté à un particulier, il faut ajouter au prix les droits de mutation, qui atteignent 6,32 % du prix dans les départements au taux de 5 %, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % et l’émolument du notaire, calculé selon un barème national. Quand le vendeur est un lotisseur ou un aménageur assujetti à la TVA, le prix comprend en général 20 % de TVA et les droits descendent à environ 0,71 %. La vente se fait en deux temps : un avant-contrat assorti de conditions suspensives, puis l’acte authentique signé chez le notaire. Le délai de rétractation de dix jours protège l’acheteur d’un lot de lotissement. Il ne joue pas quand le vendeur est un particulier.

Préparer l’achat d’un terrain à bâtir

  1. 1. Situer le prix

    La page « Prix d’un terrain à bâtir par département » d’OpenParcels (openparcels.eu/fr/classements/prix-terrain-a-batir) donne le prix médian au m² de chaque département et les communes les plus et les moins chères parmi celles qui comptent au moins 20 ventes. Sur la fiche de la parcelle, les ventes DVF du secteur complètent ce repère.

  2. 2. Contrôler la parcelle

    La même fiche indique la zone du PLU et, dans l’onglet « Climat & sols », l’exposition aux argiles gonflantes. Si elle est moyenne ou forte, réclamez l’étude géotechnique préalable que le vendeur doit annexer à la promesse. En cas d’écart, le zonage officiel mis à jour en 2026 fait foi.

  3. 3. Connaître le régime fiscal de la vente

    Demandez si le vendeur est assujetti à la TVA et, dans ce cas, s’il la calcule sur le prix total ou sur sa marge. Repérez le taux de votre département dans le tableau de la DGFiP et demandez au notaire une estimation écrite des frais.

  4. 4. Rédiger les conditions suspensives

    Inscrivez dans l’avant-contrat le prêt recherché (montant, durée), l’obtention du permis de construire et, si besoin, une étude de sol complémentaire. Faites lister les servitudes connues avant de signer.

  5. 5. Caler la date de l’acte

    Prévoyez les deux mois de réponse de la commune sur la préemption, le temps d’obtenir l’offre de prêt et celui de l’instruction du permis avant de fixer la signature chez le notaire.

Les droits de mutation, fixés par chaque département

La vente d’un terrain par un particulier n’est pas soumise à la TVA. L’acheteur paie les droits de mutation à titre onéreux, que le notaire collecte. La part principale revient au département : l’article 1594 D du code général des impôts fixe un taux de 3,80 % que chaque conseil départemental peut porter de 1,20 % à 4,50 %. L’article 116 de la loi de finances pour 2025 permet de dépasser ce plafond, jusqu’à 5 %, pour les actes signés du 1er avril 2025 au 31 mars 2028.

Le tableau publié par la DGFiP pour le 1er juin 2026 compte 88 départements et collectivités au taux de 5 %. Onze appliquent 4,50 % : Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Charente, Drôme, Lozère, Oise, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Guadeloupe et Mayotte. L’Indre reste à 3,80 %. S’y ajoutent une taxe additionnelle communale de 1,20 % du prix et des frais d’assiette et de recouvrement égaux à 2,37 % de la part départementale. Le total représente 6,32 % du prix au taux de 5 %, 5,81 % à 4,50 % et 5,09 % à 3,80 %.

La hausse à 5 % ne s’applique pas quand le bien constitue la première propriété de l’acquéreur et devient sa résidence principale. Est considérée comme primo-accédante la personne qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale dans les deux ans précédant l’achat. La doctrine fiscale vise le bien destiné à la résidence principale et ne traite pas le cas d’un terrain nu sur lequel la maison reste à construire : faites confirmer par le notaire le taux qu’il retiendra.

Terrain vendu par un lotisseur ou un aménageur : la TVA

Un lotisseur, un aménageur ou un promoteur vend en tant qu’assujetti à la TVA. La cession d’un terrain à bâtir est alors soumise à la TVA de plein droit, que l’acheteur soit un professionnel ou un particulier, au taux de 20 % dans la plupart des cas. Elle porte sur le prix total. Si le vendeur a lui-même acheté le terrain sans pouvoir déduire de TVA, elle se calcule seulement sur sa marge (article 268 du CGI).

Avec une TVA sur le prix total, l’article 1594 F quinquies du CGI remplace les droits départementaux par un taux réduit de 0,70 %, et la taxe communale n’est pas due. Le prélèvement de l’État porte la charge à 0,71 % du prix, selon impots.gouv.fr. Avec une TVA sur la marge, les droits ordinaires restent dus. Avant de signer, demandez au vendeur lequel des deux régimes il applique.

L’émolument du notaire et les autres frais

Le notaire est rémunéré pour la vente par un émolument proportionnel au prix, fixé par l’article A444-91 du code de commerce et identique dans toutes les études. En métropole, le barème est de 3,870 % jusqu’à 6 500 €, 1,596 % de 6 500 à 17 000 €, 1,064 % de 17 000 à 60 000 € et 0,799 % au-delà. La TVA s’y ajoute : 20 % en métropole, 8,5 % en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, aucune en Guyane et à Mayotte. Les taux du barème sont plus élevés outre-mer.

La contribution de sécurité immobilière accompagne la publication de l’acte au service de la publicité foncière : 0,10 % du prix, avec un minimum de 15 € (articles 881 K et 881 M du CGI). Le décompte du notaire comprend enfin les débours, sommes qu’il avance pour obtenir les pièces du dossier, et la rémunération des formalités qu’il accomplit. Ces montants varient d’un dossier à l’autre.

Exemple chiffré : 80 000 € pour un terrain vendu par un particulier

Prenons un département au taux de 5 % et un acheteur qui ne relève pas de l’exception des primo-accédants. La part départementale s’élève à 4 000 €, les frais d’assiette à 94,80 € (2,37 % de 4 000 €) et la taxe communale à 960 €, soit 5 054,80 € de droits. La contribution de sécurité immobilière ajoute 80 €.

L’émolument se calcule par tranches : 251,55 € sur les 6 500 premiers euros, 167,58 € de 6 500 à 17 000 €, 457,52 € de 17 000 à 60 000 € et 159,80 € sur les 20 000 € restants. Il totalise 1 036,45 € hors taxe, soit 1 243,74 € avec la TVA de 20 %.

L’ensemble atteint 6 378,54 €, près de 8 % du prix, avant débours, formalités et arrondis. Au taux de 4,50 %, les droits passent à 4 645,32 € et le total à 5 969,06 €.

De l’offre à l’avant-contrat

L’article 1583 du code civil tient la vente pour parfaite dès que les parties s’accordent sur la chose et le prix. Une offre écrite que le vendeur accepte peut donc déjà engager les deux parties. La négociation se conclut d’ordinaire par un avant-contrat : une promesse unilatérale de vente, où le vendeur s’engage et l’acheteur dispose d’une option pendant un délai fixé, ou un compromis, où chacun s’engage.

L’avant-contrat énumère des conditions suspensives. Si l’une d’elles ne se réalise pas dans le délai prévu, la vente ne se fait pas. Dès que l’acte mentionne un financement par emprunt, la condition d’obtention du prêt est imposée par la loi, pour une durée d’au moins un mois (article L313-41 du code de la consommation). Les autres se négocient : obtention du permis de construire pour le projet, conclusions d’une étude de sol, absence de servitude qui empêcherait de bâtir.

Dans les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, le vendeur d’un terrain constructible fournit une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou, faute de promesse, à l’acte de vente (article L132-5 du code de la construction et de l’habitation). Pour les promesses et actes conclus depuis le 1er juillet 2026, le nouveau zonage officiel classe 55 % du territoire hexagonal dans ces zones. Quand l’acheteur veut y construire un logement, l’acte indique aussi si le descriptif du terrain résulte d’un bornage (article L115-4 du code de l’urbanisme).

Rétractation, préemption et acte authentique

L’article L271-1 du code de la construction et de l’habitation accorde dix jours de rétractation à l’acquéreur non professionnel d’un immeuble à usage d’habitation. Le 4 février 2016, la Cour de cassation a jugé que ce droit ne s’étend pas à la vente d’un terrain à bâtir, même quand l’acheteur a fait connaître son projet de maison. L’article L442-8 du code de l’urbanisme prévoit en revanche dix jours de rétractation sur la promesse de vente d’un lot signée avec un lotisseur, et le contrat de construction de la maison relève de l’article L271-1.

Si le terrain se trouve dans un périmètre où la commune dispose d’un droit de préemption, le notaire lui adresse une déclaration d’intention d’aliéner. Elle a deux mois pour se décider et son silence vaut renonciation (article L213-2 du code de l’urbanisme). Ce délai est suspendu quand elle demande des documents ou une visite du terrain.

Une fois les conditions réalisées et la préemption purgée, l’acte authentique est signé chez le notaire. L’acheteur verse le prix et les frais. Le notaire acquitte les droits et fait publier la vente au service de la publicité foncière.

Questions fréquentes

Peut-on renoncer à un compromis de vente de terrain signé avec un particulier ?

Aucun délai légal de rétractation ne s’applique dans ce cas. L’acheteur est délié si une condition suspensive ne se réalise pas. Avec une promesse unilatérale, il peut aussi ne pas lever l’option, et le contrat règle alors le sort de l’indemnité d’immobilisation qu’il a versée.

Combien un lotisseur peut-il demander à la réservation d’un lot ?

L’indemnité d’immobilisation ne peut dépasser 5 % du prix de vente (article R442-12 du code de l’urbanisme). Les fonds restent sur un compte bloqué jusqu’à la vente. Si l’acheteur se rétracte dans les dix jours, ils lui sont rendus sous vingt et un jours. Si la vente échoue ensuite, ils sont restitués sous trois mois, sauf faute de l’acheteur alors que toutes les conditions de la promesse sont remplies.

Que devient l’acompte si la banque refuse le prêt ?

La condition de prêt n’est pas réalisée. Toute somme versée d’avance au vendeur, ou pour son compte, doit être remboursée immédiatement et en totalité, sans retenue ni indemnité (article L313-41 du code de la consommation).

Les droits de mutation redescendront-ils à 4,50 % ?

La possibilité de dépasser 4,50 % couvre les actes signés jusqu’au 31 mars 2028. À partir du 1er avril 2028, chaque département retrouve le taux qu’il appliquait au 31 janvier 2025, selon le BOFiP.

Combien de temps l’étude géotechnique du vendeur reste-t-elle valable ?

Trente ans, si le sol n’a pas été remanié. Elle reste annexée au titre de propriété et suit les ventes successives du terrain. Avant de signer avec un constructeur ou un maître d’œuvre, le nouveau propriétaire doit la lui remettre (article L132-6 du code de la construction et de l’habitation).

Sources

  1. Taux, abattements et exonérations des droits de mutation au 1er juin 2026, DGFiP
  2. BOI-ENR-DMTOI-10-20, régime de droit commun des mutations d'immeubles (17 juin 2026), BOFiP
  3. Achat d'un immeuble à bâtir, impots.gouv.fr (modifié le 7 janvier 2026)
  4. Code général des impôts, article 1594 F quinquies (taux réduit de 0,70 %), Légifrance
  5. Frais de notaire, Service-Public.gouv.fr (vérifié le 5 août 2026)
  6. Code de la construction et de l'habitation, article L271-1 (rétractation), Légifrance
  7. Cour de cassation, 3e chambre civile, 4 février 2016, n° 15-11.140, Légifrance
  8. Code de l'urbanisme, article L442-8 (promesse de vente d'un lot), Légifrance
  9. Code de l'urbanisme, article L213-2 (déclaration d'intention d'aliéner), Légifrance
  10. Retrait-gonflement des argiles dans la construction, ministère de la Transition écologique