Guides · Mis à jour le 26 octobre 2026

Taxe d’aménagement 2026 pour une maison neuve : calcul et paiement

En bref

La taxe d’aménagement se paie une seule fois, après l’achèvement de la maison. Sa base est la surface taxable multipliée par une valeur forfaitaire fixée chaque année : 892 € le m² en 2026, 1 011 € en Île-de-France, réduite de moitié sur les 100 premiers m² d’une résidence principale. Sur cette base s’appliquent le taux de la commune ou de l’intercommunalité, celui du département et, en Île-de-France, celui de la région. Pour 120 m² hors Île-de-France avec des taux de 5 % et 2,5 %, la taxe atteint 4 683 €, plus 249,76 € de taxe d’archéologie préventive.

Estimer, déclarer et payer la taxe

  1. 1. Relever la surface taxable

    Sur les plans du projet, additionnez les surfaces closes et couvertes de plus de 1,80 m sous plafond, garage accolé et combles compris. Notez à part la surface du bassin de piscine et le nombre de places de stationnement extérieures.

  2. 2. Connaître le taux du secteur

    Le service urbanisme de la mairie indique le taux communal ou intercommunal applicable au terrain. La fiche de la parcelle sur OpenParcels donne la section et le numéro cadastral, que le simulateur officiel demande.

  3. 3. Faire une simulation

    Le simulateur des taxes d’urbanisme d’impots.gouv.fr calcule la taxe d’aménagement et la taxe d’archéologie préventive avec les derniers taux en vigueur. Le montant obtenu reste une estimation.

  4. 4. Déclarer dans les 90 jours

    Le délai part de l’achèvement au sens fiscal : dès que la maison peut être utilisée, même si des finitions intérieures restent à faire. La déclaration se fait dans votre espace sécurisé d’impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mes biens immobiliers », avec la déclaration foncière. Le formulaire 6840-SD, adressé au centre des impôts fonciers, est une autre possibilité.

  5. 5. Payer à réception des titres

    Jusqu’à 1 500 €, la taxe d’aménagement fait l’objet d’un seul titre, émis au plus tôt 90 jours après l’achèvement. Au-delà, elle est partagée en deux moitiés : le premier titre suit le même délai, le second arrive six mois plus tard.

Ce qui entre dans la surface taxable

La surface taxable additionne les planchers de chaque niveau clos et couvert, mesurés à l’intérieur des murs extérieurs. Trois déductions seulement sont admises : l’épaisseur des murs autour des portes et fenêtres donnant sur l’extérieur, les vides et trémies d’escaliers et d’ascenseurs, et les parties dont la hauteur sous plafond ne dépasse pas 1,80 m. Les combles comptent pour leur partie de plus de 1,80 m, aménageables ou non, sauf s’ils sont totalement inaménageables.

Un garage clos et couvert accolé à la maison ou isolé sur le terrain est taxable. Il est exonéré s’il est aménagé au-dessus ou en dessous du logement, ou intégré au bâti dans un plan vertical (article 1635 quater D du code général des impôts). Une cave avec accès direct au logement compte aussi. La surface de plancher inscrite dans le permis de construire exclut les garages, ce qui explique un écart fréquent avec la surface taxable.

Valeur forfaitaire 2026 et abattement de 50 %

L’article 1635 quater H du code général des impôts fixe la valeur forfaitaire à 892 € par m² hors Île-de-France et à 1 011 € en Île-de-France. Elle est actualisée chaque 1er janvier selon le dernier indice du coût de la construction publié par l’Insee, et arrondie à l’euro inférieur. Elle était de 930 € et 1 054 € en 2025.

Les 100 premiers m² d’un logement occupé en résidence principale, annexes comprises, bénéficient d’un abattement de 50 % (article 1635 quater I). Leur valeur tombe à 446 € le m² hors Île-de-France et à 505 € en Île-de-France. Les m² suivants restent à la valeur pleine.

Les taux de la commune, du département et de la région

La commune ou l’intercommunalité vote un taux compris entre 1 % et 5 %. Elle peut fixer des taux différents par secteur, et monter jusqu’à 20 % dans un secteur où des travaux d’équipement importants le justifient, par délibération motivée. Sans délibération sur le taux, il est de 1 %. Si un projet est à cheval sur deux secteurs, le taux le plus bas s’applique.

Le département applique un taux unique sur tout son territoire, plafonné à 2,5 %. En Île-de-France, la région ajoute une part dont le taux ne peut dépasser 1 %. Chaque part se calcule sur la même valeur taxable.

Piscine, abri de jardin, parking extérieur

Certains aménagements ont leur propre valeur forfaitaire, fixée par l’article 1635 quater J : 251 € par m² de bassin pour une piscine, 2 928 € par place de stationnement extérieure, que la collectivité peut porter jusqu’à 5 857 €, et 10 € par m² pour des panneaux photovoltaïques posés au sol. L’abattement de 50 % ne s’applique pas à ces valeurs, qui sont ensuite multipliées par les mêmes taux que la maison.

L’abri de jardin n’a pas de forfait : il est taxé selon sa surface s’il est clos et couvert. Les constructions de 5 m² ou moins sont exonérées d’office. La commune peut aussi exonérer, par délibération, les abris et serres de jardin à usage non professionnel de 20 m² au plus.

Exemple : une maison de 120 m² hors Île-de-France

Une maison de 120 m² de surface taxable, en résidence principale, dans une commune au taux de 5 % et un département au taux de 2,5 %. Étape 1, les 100 premiers m² à valeur réduite : 100 × 446 € = 44 600 €. Étape 2, les 20 m² restants à valeur pleine : 20 × 892 € = 17 840 €. Étape 3, la valeur taxable : 44 600 € + 17 840 € = 62 440 €.

Étape 4, la part communale : 62 440 € × 5 % = 3 122 €. Étape 5, la part départementale : 62 440 € × 2,5 % = 1 561 €. Étape 6, la taxe d’aménagement : 3 122 € + 1 561 € = 4 683 €. Étape 7, la taxe d’archéologie préventive : 62 440 € × 0,40 % = 249,76 €. Le total s’élève à 4 932,76 €.

Comme la taxe d’aménagement dépasse 1 500 €, elle sera réclamée en deux titres de 2 341,50 €. La taxe d’archéologie préventive fait l’objet d’un titre unique.

La taxe d’archéologie préventive

L’article 235 ter ZG du code général des impôts la rend due pour les travaux qui touchent le sous-sol et relèvent d’un permis ou d’une déclaration préalable, ce qui couvre la plupart des maisons neuves, bâties sur fondations. Son taux est de 0,40 %, appliqué à la même valeur que la taxe d’aménagement, abattement compris.

Elle se déclare en même temps que la taxe d’aménagement. Les exonérations de plein droit sont en grande partie communes aux deux taxes : constructions de 5 m² ou moins, stationnement intégré au bâti, reconstruction d’un bâtiment détruit depuis moins de dix ans.

Questions fréquentes

L’abattement de 50 % s’applique-t-il à une résidence secondaire ?

Non. Pour une maison individuelle, l’abattement sur les 100 premiers m² est réservé aux locaux d’habitation principale et à leurs annexes. Une résidence secondaire est taxée à 892 € le m² dès le premier mètre carré, ou 1 011 € en Île-de-France.

Un prêt à taux zéro réduit-il la taxe d’aménagement ?

Seulement si la commune, le département ou la région l’ont décidé. Ces collectivités peuvent exonérer les résidences principales financées par un PTZ, dans la limite de 50 % de la surface située au-delà des 100 premiers m². La mairie sait si une telle délibération existe.

Que risque-t-on en déclarant après le délai de 90 jours ?

Une maison neuve est exonérée de taxe foncière pendant les deux années qui suivent son achèvement, à condition de respecter les obligations déclaratives. Une déclaration tardive peut faire perdre tout ou partie de cette exonération.

Mon permis a été déposé avant le 1er septembre 2022 : quel calendrier ?

L’ancien régime s’applique. L’avis d’imposition arrive dans les six mois qui suivent l’autorisation. Une taxe inférieure à 1 500 € se paie 12 mois après l’autorisation. Au-dessus, elle se paie en deux moitiés, à 12 et 24 mois.

Une terrasse couverte ou une pergola sont-elles taxées ?

Non, car elles ne sont pas closes. Une pergola, une tonnelle ou une terrasse restent hors de la surface taxable. Une véranda fermée y entre, au même titre qu’une pièce de la maison.

Sources

  1. Taxe d'aménagement (TA), Service-Public.gouv.fr (vérifié le 1er janvier 2026)
  2. Code général des impôts, article 1635 quater H (surface et valeur forfaitaire), Légifrance
  3. Code général des impôts, article 1635 quater I (abattement de 50 %), Légifrance
  4. Code général des impôts, article 1635 quater J (piscines, stationnement, installations), Légifrance
  5. Code général des impôts, article 1635 quater M (plafonds des taux), Légifrance
  6. Code général des impôts, article 1635 quater D (exonérations de plein droit), Légifrance
  7. Code général des impôts, article 235 ter ZG (taxe d'archéologie préventive), Légifrance
  8. Code général des impôts, article 1679 octies (recouvrement), Légifrance
  9. BOFiP, BOI-IF-TU-10-30-10 : surface de construction et valeur forfaitaire
  10. Obligations déclaratives après travaux, impots.gouv.fr (modifié le 7 janvier 2026)