Terrains remarquables · Kinderdijk, Molenlanden (Pays-Bas)
À Kinderdijk, sous le niveau de la mer, les huit moulins de 1738 au bord d’un bassin de 4,4 hectares
Dix-neuf moulins de drainage, toujours en état de marche, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997.
Histoire
L’Alblasserwaard était un marais de tourbe pris entre de grandes rivières. Les premiers paysans s’installent sur les buttes de sable et d’argile, puis creusent des fossés, élèvent des digues et assèchent la tourbe. Le comte Floris V décide en 1277 que la digue qui entoure toute la région sera entretenue en commun.
Deux canaux sont creusés jusqu’à Kinderdijk pour évacuer l’eau vers la rivière : en 1365 pour la moitié est de l’Alblasserwaard, long de 17 km, et en 1369 pour la moitié ouest. Ils donnent naissance à deux administrations de l’eau, l’Overwaard et la Nederwaard. Les premiers moulins de drainage de la région sont bâtis vers 1450. Le plus ancien moulin encore debout à Kinderdijk, le Blokweer, date de 1630.
La tourbe s’affaisse en séchant et le niveau de la Lek monte. Entre 1738 et 1740, seize moulins sont construits pour relever l’eau : huit pour la Nederwaard en 1738, huit pour l’Overwaard en 1740. Ils pompent l’eau du polder vers des bassins de stockage, d’où elle rejoint la rivière par des écluses quand son niveau le permet. Avec les moulins des polders voisins, Kinderdijk en compte dix-neuf : huit ronds en brique, dix octogonaux couverts de chaume et un moulin sur pivot.
Des stations de pompage à vapeur arrivent en 1868. Converties au diesel et à l’électricité entre 1924 et 1927, elles rendent les moulins inutiles : ceux de la Nederwaard sont arrêtés en 1927, puis remis en service pendant la Seconde Guerre mondiale ; ceux de l’Overwaard tournent jusqu’en 1953. Aujourd’hui, les stations de pompage J.U. Smit et G.N. Kok font ce travail. Les moulins restent en état de marche, en réserve en cas de panne, et plusieurs sont encore habités.
L’UNESCO inscrit l’ensemble au patrimoine mondial en 1997. Une fondation à but non lucratif le gère avec une centaine de salariés et plus de 270 bénévoles. Une règle de la province limite la hauteur des constructions et des arbres dans un rayon de 400 m autour des moulins, pour qu’ils gardent le vent. Au cadastre, les huit moulins de la Nederwaard bordent une même parcelle, D 1176 de la commune cadastrale de Nieuw-Lekkerland : 44 070 m², presque entièrement en eau.
Notre regard
Sur la vue aérienne, la parcelle D 1176 n’est pas un terrain mais un bassin long de plus d’un kilomètre, qui part de la digue de la Lek et s’élargit vers le sud. De son bord ouest partent huit bras étroits. Chacun finit au pied d’un moulin. Le contour du cadastre suit l’eau et s’arrête au pied de chaque moulin.
À l’est, un second bassin parallèle porte la rangée de l’Overwaard. Entre les deux, une digue étroite sert de chemin. Au nord, les deux bassins s’arrêtent au pied de la digue, face à la rivière.
Mis à jour le 29 octobre 2026
Autres terrains
Sources
- Kinderdijk (Stichting Werelderfgoed Kinderdijk), « Geschiedenis » : chronologie de 1277 à 2025
- Kinderdijk, page d'accueil (fondation sans but lucratif, 270 bénévoles, 100 salariés)
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial, « Réseau des moulins de Kinderdijk-Elshout » (bien n° 818, 1997)
- Kadaster, Basisregistratie Kadaster par PDOK : parcelle Nieuw-Lekkerland D 1176
- PDOK, photo aérienne actuelle (Beeldmateriaal Nederland, CC BY 4.0), service WMS
- PVGIS, Commission européenne (Centre commun de recherche)
Reprendre cette page sur votre site
Lieu, office de tourisme, commune, presse : collez ce code pour afficher la vue aérienne et le lien vers l'histoire, ou téléchargez l'image avec sa ligne de crédit.
Vue aérienne : Beeldmateriaal Nederland (PDOK), CC BY 4.0. Contour de la parcelle : cadastre national. Notre pacte éditorial